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Pour l'exposition
censée couronner notre collaboration, Francis a réalisé des pièces
en céramique mais également des personnages en bronze et en laiton.
Préalablement,
il modelait un original approximatif en argile. À partir de celui-ci,
il produisait un moule en plâtre en deux parties. Ensuite, il
pressait des feuilles de cire dans les deux demi-moules. Dans
l'étape suivante, il soudait les demi-coques en cire pour en faire
une maquette de son original. Des détails en cire furent rajoutés
pour obtenir le modèle désiré. À partir de ce modèle détaillé,
il créait enfin le moule final en plâtre qui était ensuite placé
à l'envers dans son four de potier. Il le chauffait de sorte que
la cire fonde et s'évacue faisant place à un vide qui sera rempli
par le bronze.
J'ai eu l'occasion
de voir Francis et son équipe à l'oeuvre lorsqu'il coulait ses
pièces en bronze. À juste titre, il était fièr d'être l'unique
sculpteur ghanéen coulant ses sculptures lui-même. Pour ce faire,
il déployait des idées ingénieuses pour déjouer les problèmes
que posaient les conditions locales.
Pour confectionner
le bronze, Francis s'approvisionnait dans une casse pour bateaux
(et autres vieux métaux) du port de Tema. Les hélices cassées,
des pièces marines, et diverses choses en bronze, laiton, et cuivre
lui étaient réservées. Les fils de cuivre que j'ai utilisé pour
les pattes et les cous de mes oiseaux étaient extraits de gros
câbles que nous avons trouvés de la même manière. L'équipe de
Francis et moi-même passions du temps pour détordre et redresser
les fils. La cire employée par Francis pour ses moules était de
la cire d'abeille car elle résiste à la température locale. Ses
moules en plâtre étaient coulés dans des sections réglables élaborées
avec de simples bidons d'huile. Le plâtre était additionné de
morceaux de poterie cassée. Cette astuce aide le moule à ne pas
se fissurer quand le bronze liquide est versé dans le moule à
très haute température. Pour palier aux risques de fissuration
des moules, ils creusaient des trous dans la cour de l'atelier.
Les moules étaient ainsi enterrés à deux tiers pour les maintenir
en cas de fissure. Si un moule se fissurait, il n'y avait qu'une
fine feuille de bronze se formant dans la fissure. Cette feuille
pouvait ainsi être facilement écartée. Après un minimum de refroidissement
les moules étaient déterrés. Leur façon de protéger leurs bras
de la chaleur était d'enfiler un vieux jeans pour sortir et manipuler
le moule. Le moule était ensuite cassé pour dégager la pièce en
bronze couverte de résidus de plâtre. Restait à ébarber, nettoyer
et polir la pièce.
Chapeau
Francis !
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